Point à la ligne : les secrets de sa couverture

photo couv.jpgMon amie Lydie a instantanément accepté de réaliser la photo de couverture de Point à la ligne. Je tenais tout particulièrement à ce que ce soit elle parce qu’elle est talentueuse évidemment et qu’une couverture, c’est le premier contact avec le lecteur potentiel. Mais Lydie est aussi l’une de ceux qui m’ont encouragée à écrire et sans lesquels j’aurais peut-être abandonné. Enfin et surtout, c’est une compagne sur la route de nos envies. Elle voulait photographier tandis que je souhaitais écrire et nous sommes en train d’y parvenir.

Choisir le sujet à photographier n’a pas été aisé. Le fil rouge du recueil étant les écrits, des photos de lettres se sont imposées mais jugées un sujet trop bateau. Lydie a photographié sa mère en train de lire. La photo était superbement émouvante mais elle ne me semblait pas représenter l’ensemble des nouvelles.

Alors nous sommes revenues à notre idée première et je lui ai confié quelques documents anciens, souvenirs de famille. Alors Lydie a eu cette merveilleuse idée : les placer dans une boîte ouverte comme autant de souvenirs resurgis, de questionnements remontés à la surface, de dérobades mises à jour. Au premier plan, elle a positionné une lettre joliment illustrée, adressée à ma grand-mère Renée par un ami de la famille, Paul-Eugène Mesplès, un peintre renommé en son temps. Malicieuse, elle a également glissé dans la boîte la photo de son papa (Je ne me permets, Lydie, cette confidence que parce que tu l’as toi-même dévoilée lors de notre soirée le Goût des livres) pour que « ces deux êtres chers aujourd’hui disparus veillent sur nous comme deux anges. »

Cette photo, désormais en couverture de Point à la ligne, est ainsi une part de nous deux et c’est ce qui rend cette aventure créative encore plus magique.

Ne manquez pas de (re)découvrir les émouvantes photos de Lydie Hacquet, photographe de l’instant et de l’incongru : Galerie photos Histoire d’L

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Friandises pascales

oeufNon pas qu’il soit ici question d’oeufs, de poules, de lapins ou encore de cloches en chocolat… rien de cela, mais ces quelques jours de repos d’avant Pâques m’ont permis de lire trois livres dont j’ai envie de vous parler avec gourmandise.

Tout d’abord, « En attendant Bojangles » d’Olivier Bourdeaut dont j’ai déjà parlé dans ce blog en tant que success story de l’édition. C’est une histoire originale, haute en couleurs, qui aborde un sujet sérieux, celui des désordres psychiatriques. C’est drôle, d’une tristesse gaie,  ça se lit comme on mange ces bonbons qui piquent la langue.

Ensuite, « La fille du train » de Paula Hawkins, un best seller, un vrai. Et j’ai vite compris pourquoi ce livre m’avait été recommandé pour la construction impeccable de l’intrigue. Dès les premières pages, on est happé par les existences obsessionnelles de ces trois femmes et on n’a qu’une envie, voir où elles les mènent. Aussi redoutable et addictif qu’une tablette de chocolat noir.

Et enfin, « Belle de jour » de Joseph Kessel, un roman à redécouvrir dans un genre bien différent, joliment suranné. Mais quelle virtuosité pour décrire les tiraillements entre chair et sentiments pour cette femme qu’incarna Catherine Deneuve au cinéma. Une histoire à l’acidité douceâtre d’un berlingot d’autrefois.

Ma première lectrice

Vincent-van-Gogh-La-lectrice-de-roman-1888
La lectrice de roman de Van Gogh

Tout auteur a un premier lecteur. C’est ainsi. Même Stephen King en parle dans son livre autobiographique « Ecriture : mémoires d’un métier ». Pour lui, c’est sa femme. Pour moi, c’est Nicole.

Un premier lecteur, c’est quelqu’un qui a la capacité de déceler ce qui ne va pas et de le signaler avec bienveillance. De poser des questions aussi quand ce n’est pas clair. Et ce n’est pas rien ! Parce qu’il faut cette dose de confiance, de respect et de compétences qui rend si unique le lien entre un sportif et son sparring partner.

Nicole est entrée dans ce rôle par amitié, grâce à des circonstances favorables aussi, et aujourd’hui elle est ma première lectrice et je ne peux que lui en être infiniment reconnaissante.

Alors, merci, Nicole, puisque je sais que tu vas lire ces lignes.

Ma toute première dédicace

dédicace.JPG« Soyez zen, profitez bien de votre soirée et de vos toutes premières dédicaces ! » m’avait dit au téléphone Bruno Géni Ochin, le patron des éditions Abordables, lors de la préparation de la soirée d’avant-lancement de Point à la ligne.

En prévision, j’avais tout lu (ou presque) sur ces fameuses premières dédicaces. J’étais prévenue de l’inévitable rature, du prénom oublié de l’ami de l’ami, du manque d’inspiration, du chapardage du Mont-Blanc que l’on s’est offert pour l’occasion…

Mais ce 20 mars dernier, j’avais beau être préparée autant que possible, rien n’est allé comme prévu, évidemment, sinon ce ne serait pas la vraie vie.

D’abord je suis arrivée chez l’éditeur à la bourre la tête bien farcie après une journée de formation au contrôle de gestion. Le temps de me reprendre, j’ai ouvert mon livre, tout chaud, tout droit sorti de la presse. Normalement il aurait dû me créer un électrochoc ce livre, enfin entre mes mains après tant d’années d’attente. Eh bien, pas vraiment, les coquilles typographiques immédiatement aperçues là coincées entre les mots m’ont sauté au visage pour une première claque. J’ai refermé le livre, mais c’était pour mieux voir que la photo de couverture, celle réalisée par mon amie Lydie, était floue. Floue ! Et paf, seconde claque !

Et puis mes amis sont arrivés les uns après les autres. Tous ! Tous ceux que j’avais conviés, triés sur le volet pour qu’ils ne soient pas plus nombreux que ce que permettait l’éditeur. Quelques uns encore, d’amicaux « surnuméraires » arrivés à la dernière minute, plongèrent la pièce exiguë dans un joyeux désordre. Certains durent s’asseoir à même le sol. Les invités des trois autres auteurs, noyés dans cette masse fraternelle, devinrent invisibles.

L’éditeur m’interviewa la première. C’était prévu. Ce qui l’était moins, c’est qu’il inversa deux questions et en oublia une. Du coup, mon raisonnement tomba à l’eau. Plouf ! Je me raccrochai l’air de rien aux sourires si bienveillants de mes amis et de mon mari.

Quand enfin la présentation des auteurs s’interrompit, je me précipitai vers mes invités pour m’envelopper de leur chaleur après cette épreuve oratoire. Mais pas longtemps : la suite, c’était la séance de dédicaces. Je sortis mon stylo, celui que justement quelques amies m’avaient offert pour mes 50 ans alors que je devais être éditée incessamment sous peu… mais ça c’est une autre histoire, celle d’un fou qui se prenait pour un éditeur (j’en ai parlé dans ce blog il y a quelques mois). Mais voilà que le stylo rechigne, que la mine ne sort pas. Je tourne et retourne le capot, extrait la mine. Rien à faire, refus d’obstacle de cette bourrique de Cros.

« Bon allez, tu viens ? » Une voix m’appelait du sous-sol, là où les places avaient été attribuées aux quatre auteurs pour la séance de dédicace. Juste le temps de m’installer et mon ami Thierry me tendait son livre avec le sourire espiègle dont il sait nous gratifier  : « C’est moi le premier ! ». Durant la lecture (j’ose l’avouer) d’un extrait d’un des trois ouvrages lancés ce soir-là, j’avais imaginé quelques dédicaces dont l’une pour Thierry, mais face à la page blanche, je ne savais plus qu’écrire. Mes autres amis me pressant, la dédicace sortit de guingois et si je suis bien incapable de dire précisément ce que j’écrivis, je me souviens juste qu’il y était question de rasage et d’épilation du torse. C’est vous dire l’intelligence des propos (Thierry, puisses-tu me pardonner !).

En plus j’oubliais de signer. Si ! Au moment de signer ma deuxième dédicace, une question me traversa l’esprit :  Je signe Fabienne ou Vincent ?. Et là, fulgurance :  Mais alors je n’ai pas signé la première fois ! « Thierry ? Si quelqu’un aperçoit Thierry, dites lui de revenir, je n’ai pas signé son livre ! »

Pour quelques autres, ça se passa bien, pour certains, hélas, mal. La rature arriva que je transformai en fleur, la phrase bancale ne m’épargna pas et la faute d’orthographe se pointa l’air de rien. « fous rires », c’est bien comme ça au pluriel, non ? Mince, il faut que j’ajoute un s et le tiret j’en fais quoi ? Une fleur, mais y’a même pas la place.

Je voulais leur donner de la dédicace à tous ces amis venus me soutenir. Mais pour les derniers, devant l’ampleur des dégâts, je ne pus que me calmer. « Avec toutes mes amitiés, bises ».  « C’est tout ? Pour les autres t’as été plus loquace ». Pourtant, ni fleur, ni phrase inintelligible, ni faute… ce n’était pas rien, mais comment le dire ? J’ajoutai un smiley pour faire le compte. Un compte à petit prix, désolée.

C’était ma première séance de dédicace ce 20 mars 2017 et malgré toutes ces anicroches que mes invités m’ont déjà pardonnées, j’en suis certaine, ce fut une belle soirée grâce à eux, grâce à leur présence, leurs sourires et leur enthousiasme. Merci.