Mauvaise hum’heure

 

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Quand les horloges font la tronche…

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Promenade inspirante

 

Les arbres, c’est comme les humains, il y en a de plus fantaisistes que d’autres, des déracinés, des mal lotis qui luttent pour survivre et des nantis. C’est la vie !

Note : Les photos ne sont pas terribles, je l’admets. Avec mon téléphone, hélas, je ne sais pas en faire de belles. Mea culpa. Alors, j’ajoute (ce que je ne devrais pas) quelques explications de ce que j’ai vu : un arbre au tronc partagé en deux à la base, mais avec un beau feuillage ; un arbre tout biscornu dans une forêt de pins aux troncs rectilignes ; un arbre à la base décollée du sol, comme s’il marchait sur ses racines ; et enfin un arbre normal bien ancré dans son sol, branchu, majestueux. Et tout cela, lors d’une simple promenade.

Le caisson de bureau

caissonLa semaine dernière mon caisson de bureau s’est bloqué. Impossible de l’ouvrir. J’ai secoué les tiroirs. En vain. Je l’ai basculé, sans plus de résultat. Il a fallu l’intervention d’un technicien armé d’un tournevis pour venir à bout de la serrure qui s’était verrouillée elle-même.

Si je cite ici cette anecdote bien ordinaire, c’est qu’elle me fait penser à la vie. À la vie en général.

Parce que ce matin, lasse de ne plus trouver mes affaires dans le fourbi du tiroir, j’ai attaqué ma journée de travail en le rangeant. J’ai d’abord rechigné, pesté. Il m’a fallu du courage en quelque sorte pour me décider à prélever sur mon agenda chargé les minutes nécessaires. Franchement j’avais plus intéressant à faire que de m’atteler à cette tâche ingrate.

Et puis, tiroir après tiroir, j’ai remis les trombones dans leur case, les cartes de visite dans leur boîte… J’ai retrouvé des post-il en veux-tu en voilà, trois surligneurs jaunes là où il m’en manquait un la veille, la clé USB que je pensais égarée… Et ma journée a finalement très bien commencé.

La vie est ainsi, il me semble. Quand elle nous secoue, quand la serrure se ferme injustement, il faut du courage pour réagir, pour aller chercher au fond de soi les ressources nécessaires. Elle peut alors nous surprendre et nous offrir le meilleur.

Vous le savez, c’est mon credo et le fondement des histoires que j’aime à raconter. La vie est un caisson de bureau pourrait être le titre d’un prochain roman. Qu’il me reste à écrire !

Les tâches ménagères

passer-l-aspirateurBizarre de parler tâches ménagères en cette période de congés. Pourtant une phrase attrapée dans le recoin d’un magazine m’a interpellée. La tâche ménagère préférée des Français serait de passer l’aspirateur. Une de celles qui me rebutent le plus à vrai dire.

Moi, ce que j’aime, c’est préparer des légumes, les peler, les couper, ainsi que plier le linge. Franchement, oui, j’aime bien. Gestes répétitifs, quasi-immobilité, contact avec de la matière, tissu ou chair végétale. Un résultat tangible au bout, pile de linge bien ordonnée ou plat prêt à enfourner. Mon esprit se libère pendant ces travaux-là. Je pense à bien des choses, concentrée sur ma tâche. À mon roman en cours, souvent.

Au fait, tâche prend un accent circonflexe dans ce sens-là. Ma vieille institutrice de CM1 le répétait : il y a la tache colorée, légère, et la tâche qui pèse, écrasée sous son accent. Je ne l’ai jamais oublié.

 

Prenez place

8Dans l’association où je travaille, nous mettons nos murs à disposition d’artistes amateurs pour des expos de quelques semaines ou quelques mois. En ce moment, c’est Philippe Ferret qui expose ses oeuvres 3.0 sous le titre Prenez place. Autour des parcs et jardins, sa passion, cet artiste écrit des articles, photographie, et réalise, à partir de ses photos, ces oeuvres numériques. Un régal !

Esprit impressionniste est le titre de cette oeuvre que j’ai choisi d’exposer dans mon propre bureau. Je m’imagine assise sur ce banc-brouette, contemplant la surface de l’eau et les feuillages mouvants, trouvant dans cette quiétude une inspiration foisonnante.

« Prenez place », c’est d’autres sièges, d’autres lieux bucoliques où s’asseoir, se nicher, s’installer pour écrire, penser, méditer, respirer, discuter… Un bonheur simple !

 

Toutes les oeuvres de Philippe Ferret sur ce thème sont visibles ici : Prenez place

L’homme de gingembre

gingembreAlléger ou libérer son style, rendre plus percutants ses textes, trouver sa voix… l’obsession des apprentis écrivains. « Lisez L’homme de gingembre de J.P. Donleavy, m’a conseillé très récemment Jérôme, un éditeur.  Il a été révélateur pour moi. »

Quelle surprise ! Une claque plutôt.  J’ignore tout de cet écrivain (1926-17) et si ses livres postérieurs sont écrits dans le même style, mais quel style !  J’imagine qu’il a été étudié et re-étudié par des générations d’étudiants en littérature. Un mélange d’art brut et d’impressionnisme si je pouvais oser un parallèle avec la peinture.

Extrait : Assise-là, face à moi, allumant des cigarettes. D’habitude, n’aime pas qu’on fume. M’aperçois qu’en ce moment tout me paraît bien. Au bout du tunnel, soudain, la lumière. Très chrétien. Lumière qui indique la voie. A cette pensée, il m’est arrivé d’entrer dans l’église de Clarendon Street, pour prier et parfois voir s’il y faisait plus chaud, et, après un moment d’immobilité, pour me détendre un peu. Je subis d’horribles tensions ; dans cette nostalgie catholique et irlandaise, j’étais pris d’une légère mélancolie et d’apitoiement, à considérer l’après et l’avant. J’y puisais souvent la conviction que j’allais vraiment gagner un peu de fric. Sais pas pourquoi le fric débarrasse de la mélancolie. mais c’est un fait. Ah ! Christine. Comment es-tu là-dessous ?

D’une phrase à l’autre le narrateur change, la pensée oscille, la lecture est compliquée, et le lecteur comme maintenu en apesanteur dans ce bric-à-brac littéraire. Et c’est parfait ainsi car en traitant un sujet aussi plombant, aussi glauque que la vie de débauche du héros et de son ami, l’auteur entraîne son lecteur sur un chemin tourmenté et obscène qui serait certainement plus insoutenable sans ces accents poétiques.

 

 

Ma Bretagne

meuble-breton2La semaine dernière encore, j’étais en Bretagne et vraiment j’aime cette région. Pourtant, elle a longtemps été pour moi une contrée lointaine, deux noms dans mon arbre généalogique maternel et quelques meubles foncés. Certaines familles ont leur oncle d’Amérique, moi j’ai cet arrière-grand-père vannetais. La seule branche « exotique » de mon double arbre lotois.

La frêle branche n’a pas survécu, plus aucun Guillanton ni Guillevic, dans ma famille, étouffée par le poids de la sécularité lotoise. Il ne reste plus que les meubles, foncés et chargés, ô combien, de motifs sculptés. Absolument typiques dit-on. De Vannes, ils ont émigré à Paris, puis à Prayssac (mon fief lotois maternel)) en suivant mon arrière-grand-père. Ma mère les a pris à Cahors, avec elle, ne pouvant se résoudre à abandonner cette part de son héritage. Et après elle, où iront-ils ?

La Bretagne, c’est, maintenant pour moi, surtout un goût de vacances et de randonnées côtières. Mais à chacune de mes visites, je ne peux éviter de penser à cet arrière grand-père, Louis Guillanton, que je n’ai pourtant jamais connu, et à ses meubles, certainement les derniers vestiges de cette mémoire familiale.